Finances publiques

Croissance économique en France : le dernier chiffre trimestriel et les prévisions

PIB stable au deuxième trimestre 2026 selon l'Insee, après -0,2 % au premier trimestre. Le détail des chiffres, la méthode de calcul et les prévisions.

Croissance économique en France : le dernier chiffre trimestriel et les prévisions

Les chiffres à retenir

  • Au deuxième trimestre 2026, le PIB en volume est stable (+0,0 %), après -0,2 % au premier trimestre, selon l'Insee
  • Sur l'ensemble de l'année 2025, le PIB a progressé de 0,8 % en volume, moins vite qu'en 2024 (+1,5 %), selon l'Insee Première de mai 2026
  • L'acquis de croissance pour 2026 s'établit à +0,3 % fin août 2026, contre +0,5 % estimé en janvier 2026 par la direction générale du Trésor
  • Le commerce extérieur et les variations de stocks expliquent une large part des à-coups trimestriels récents
  • La croissance mesure la production de richesses, pas le pouvoir d'achat des ménages, qui recule par ailleurs au deuxième trimestre 2026

Au deuxième trimestre 2026, le produit intérieur brut (PIB) français en volume est stable, à +0,0 % après -0,2 % au trimestre précédent, selon l'Insee. Sur l'ensemble de l'année 2025, la croissance s'est établie à +0,8 %, un rythme plus faible qu'en 2024 (+1,5 %), et l'acquis de croissance pour 2026 ressort à +0,3 % fin août 2026.

Ce chiffre trimestriel, publié environ un mois après la fin de chaque trimestre, est l'indicateur le plus suivi pour juger de la bonne ou mauvaise santé de l'économie française. Il complète les autres repères réunis dans le dossier finances publiques du site, à commencer par le PIB de la France, dont la croissance mesure justement la variation d'une période à l'autre.

Quel est le dernier chiffre de croissance économique en France ?

Le chiffre le plus récent disponible est celui du deuxième trimestre 2026 : le PIB en volume est stable, c'est à dire une évolution de +0,0 %, après un recul de 0,2 % au premier trimestre 2026, selon les résultats détaillés publiés par l'Insee le 28 août 2026. Dans le même communiqué, l'Insee précise que l'acquis de croissance pour l'année 2026, c'est à dire la croissance qui serait obtenue si le PIB demeurait, sur tous les trimestres restants, au niveau atteint au deuxième trimestre, s'élève à +0,3 %.

Ce résultat du deuxième trimestre confirme un ralentissement net par rapport à la fin de l'année 2025. Au quatrième trimestre 2025, la croissance s'était encore établie à +0,2 %, après +0,5 % au troisième trimestre, selon le flash de conjoncture de la direction générale du Trésor publié le 30 janvier 2026. Entre l'automne 2025 et le printemps 2026, l'économie française est donc passée d'une croissance modérée à une quasi-stagnation.

Il faut noter une particularité statistique à propos du premier trimestre 2026 : la première estimation publiée par l'Insee le 30 avril 2026 (Informations rapides n° 106) indiquait un PIB stable à +0,0 % ce trimestre-là, après +0,2 % au quatrième trimestre 2025. La publication des résultats détaillés du deuxième trimestre, le 28 août 2026, a ensuite révisé ce chiffre du premier trimestre à -0,2 %. Cette révision illustre un phénomène courant en comptabilité nationale : les toutes premières estimations trimestrielles sont retravaillées au fil des publications suivantes, à mesure que des données plus complètes arrivent.

Qu'est-ce que la croissance économique, exactement ?

La croissance économique désigne la variation, d'une période à l'autre, du produit intérieur brut en volume, c'est à dire corrigée de l'effet des prix. Le PIB additionne la valeur de tout ce qui est produit sur le territoire français pendant une période donnée : biens, services marchands et non marchands. Quand l'Insee annonce que le PIB croît de 0,8 % sur une année, cela signifie que la quantité de richesses produites a augmenté de 0,8 % par rapport à l'année précédente, une fois neutralisé l'effet de la hausse des prix.

Le taux de croissance trimestrielle Insee, lui, compare un trimestre au trimestre immédiatement précédent, après correction des variations saisonnières et du nombre de jours ouvrables (on parle de données CVS-CJO). C'est ce chiffre qui fait la une chaque fin de mois suivant un trimestre : +0,2 %, -0,2 %, +0,0 %. Il est volatil par nature, car il capte des mouvements ponctuels (livraison d'un paquebot, arrêt d'usines, variation des stocks d'énergie) qui peuvent gonfler ou amputer un seul trimestre sans changer la tendance de fond.

En valeur courante, le PIB français a atteint 2 991,1 milliards d'euros en 2025, selon l'Insee Première consacré aux comptes de la Nation, publié en mai 2026. C'est sur cette masse que se calculent les points de pourcentage de croissance ou de récession dont il est question dans cet article.

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Comment ce chiffre est calculé

Le taux de croissance trimestriel publié par l'Insee provient des comptes nationaux trimestriels, construits à partir d'indicateurs conjoncturels (production industrielle, chiffre d'affaires des services, immatriculations, commerce extérieur) disponibles au moment de la publication. Une première estimation sort environ un mois après la fin du trimestre, puis des résultats détaillés environ deux mois après, avec parfois des révisions. Le PIB en volume est calculé aux prix de l'année précédente chaînés, ce qui permet de neutraliser l'inflation pour isoler la seule évolution des quantités produites. La croissance annuelle, elle, provient des comptes de la Nation, publiés chaque printemps, qui intègrent des sources plus complètes (liasses fiscales notamment) et peuvent réviser sensiblement les toutes premières estimations.

Comment évolue le PIB trimestre par trimestre depuis 2025 ?

Le tableau suivant reprend l'évolution trimestrielle du PIB en volume telle que publiée par l'Insee et la direction générale du Trésor, du troisième trimestre 2025 au deuxième trimestre 2026.

TrimestreÉvolution du PIB en volumeContribution principale
Troisième trimestre 2025+0,5 %Demande intérieure et commerce extérieur
Quatrième trimestre 2025+0,2 %Commerce extérieur (+0,9 point), stocks négatifs
Premier trimestre 2026 (révisé)-0,2 %Demande intérieure atone, commerce extérieur négatif
Deuxième trimestre 2026+0,0 % (stable)Consommation des ménages en léger rebond

Sources : Insee, Informations rapides n° 106 (30 avril 2026) et n° 212 (28 août 2026) ; direction générale du Trésor, Flash conjoncture France (30 janvier 2026).

Le repli du commerce extérieur et des stocks au tournant 2025-2026

Au quatrième trimestre 2025, la contribution du commerce extérieur à la croissance avait été fortement positive, à +0,9 point après +0,5 point au trimestre précédent, selon le Trésor. Les importations avaient reculé de 1,7 % tandis que les exportations ralentissaient à +0,9 %, portées notamment par des livraisons dans l'aéronautique et le naval, dont celle du paquebot Celebrity Xcel. En miroir, les variations de stocks avaient contribué négativement à la croissance (-1,0 point), en particulier dans l'aéronautique, le naval et les produits pétroliers.

Au premier trimestre 2026, le mouvement s'est inversé et accentué : la contribution du commerce extérieur à la croissance est devenue fortement négative, à -0,7 point après +0,6 point, selon l'Insee. Les exportations se sont repliées franchement (-3,8 % après +0,8 %), tandis que les importations reculaient de nouveau (-1,7 % après -0,8 %). Dans le même temps, la demande intérieure finale hors stocks est devenue atone : la consommation des ménages a légèrement reculé (-0,1 % après +0,4 %) et la formation brute de capital fixe (l'investissement) s'est repliée (-0,4 % après +0,3 %). Au total, la contribution de la demande intérieure hors stocks à la croissance du PIB a été nulle ce trimestre-là, contre +0,4 point au quatrième trimestre 2025.

Le deuxième trimestre 2026, stable mais fragile

Au deuxième trimestre 2026, l'Insee observe un PIB stable, la consommation des ménages rebondissant (+0,3 % après -0,3 %), tandis que l'investissement continue de reculer légèrement (-0,3 % après -0,8 %), pénalisé par le repli de l'investissement en services marchands et en construction. Les dépenses de consommation des administrations publiques accélèrent un peu (+0,4 % après +0,3 %). Au total, la demande intérieure finale hors stocks contribue légèrement à la croissance ce trimestre-là (+0,2 point après -0,3 point), selon l'Insee.

Quelle est la croissance annuelle 2025, après révision ?

Selon le flash de conjoncture de la direction générale du Trésor, publié le 30 janvier 2026 sur la base de la première estimation Insee du quatrième trimestre, la croissance annuelle 2025 s'élevait à +0,9 %, au-delà de la prévision du Gouvernement, qui tablait sur +0,7 %. Quelques mois plus tard, l'Insee Première consacré aux comptes de la Nation, publié en mai 2026, a fixé le chiffre définitif de l'année à +0,8 % en volume, après une croissance de +1,5 % en 2024 et de +1,6 % en 2023.

Cet écart entre une première estimation (+0,9 %) et le chiffre des comptes de la Nation (+0,8 %) illustre la logique de révision propre à la statistique publique : chaque publication s'appuie sur des sources de plus en plus complètes, des indicateurs conjoncturels disponibles rapidement jusqu'aux liasses fiscales des entreprises, disponibles plus tardivement. Selon l'Insee, la production a ralenti en 2025 (+0,9 % après +1,2 % en 2024) tandis que les consommations intermédiaires accéléraient (+1,0 % après +0,5 %), ce qui a nettement pesé sur la valeur ajoutée, en hausse de seulement 0,8 % après +1,9 % en 2024.

Le détail par poste de la demande, publié dans ce même Insee Première, montre une consommation des ménages en net ralentissement (+0,4 % en 2025 contre +0,8 % en 2024), un commerce extérieur qui contribue négativement à la croissance (-0,2 point, après l'avoir fortement soutenue en 2023 et 2024), et un léger rebond de l'investissement des entreprises non financières (+0,4 % après -0,1 %).

Qu'est-ce que l'acquis de croissance pour 2026 ?

L'acquis de croissance correspond à la croissance annuelle qui serait obtenue si l'activité restait, sur tous les trimestres restants de l'année, au niveau atteint lors du dernier trimestre connu. C'est un indicateur conventionnel, pas une prévision complète, mais il donne une idée du point de départ pour l'année en cours.

Début 2026, sur la base du quatrième trimestre 2025, la direction générale du Trésor estimait cet acquis à +0,5 % pour 2026. Après deux trimestres supplémentaires de données, l'Insee l'a révisé à +0,3 % le 28 août 2026, dans la publication des résultats détaillés du deuxième trimestre. Cette baisse de l'acquis traduit directement le passage d'une croissance de +0,2 % au quatrième trimestre 2025 à une quasi-stagnation (-0,2 % puis +0,0 %) sur les deux premiers trimestres de 2026.

Quelles sont les prévisions de croissance pour la suite ?

Au-delà de l'acquis statistique de +0,3 % pour 2026, les publications disponibles ne permettent pas, à la date de rédaction de cet article, de citer un chiffre de prévision officielle plus récent que celui du Gouvernement pour 2025, à +0,7 %, déjà dépassé par les faits constatés. L'essentiel des commentaires de conjoncture insistent sur la fragilité de la demande intérieure et sur le rôle déterminant du commerce extérieur, dont les à-coups (exportations aéronautiques et navales, importations d'énergie) pèsent lourd sur un trimestre donné sans pour autant signaler une tendance durable.

Côté offre, la production totale de biens et de services a nettement ralenti au quatrième trimestre 2025 (+0,1 % après +0,8 % au trimestre précédent), selon la direction générale du Trésor, un coup d'arrêt principalement imputable à l'industrie manufacturière, en particulier à l'automobile, pénalisée par des arrêts d'usines à l'automne 2025, notamment ceux du groupe Stellantis à Poissy, Sochaux et Mulhouse. La production de services marchands avait elle aussi ralenti, tirée à la baisse par les services de transport, tandis que la construction restait quasi stable.

Que mesure, et que ne mesure pas, la croissance du PIB ?

La croissance du PIB mesure la variation de la production de richesses sur le territoire, pas directement le niveau de vie des ménages ni leur pouvoir d'achat. Au deuxième trimestre 2026, l'Insee signale ainsi que le pouvoir d'achat du revenu disponible brut des ménages par unité de consommation recule nettement, de 0,6 %, après -0,2 % au premier trimestre. Le taux d'épargne des ménages se replie dans le même temps à 17,2 % de leur revenu disponible brut, après 17,9 % au trimestre précédent. Une économie peut donc rester stable en volume tout en voyant le pouvoir d'achat de ses habitants se dégrader, selon la façon dont les revenus, les prix et l'épargne évoluent.

Le PIB ne dit rien non plus, à lui seul, de la répartition de la richesse produite, ni de son impact environnemental, ni du bien-être ressenti. Il ne mesure pas davantage les écarts entre secteurs : au quatrième trimestre 2025, la production industrielle reculait nettement pendant que la construction restait quasi stable, deux réalités que la seule moyenne nationale ne laisse pas voir. C'est pour cette raison que l'Insee publie, en parallèle du PIB, des indicateurs complémentaires suivis dans d'autres dossiers du site, comme le pouvoir d'achat, la dette publique ou le taux de chômage.

Quelles conséquences pour les ménages, les entreprises et les finances publiques ?

Un ralentissement ou une stagnation de la croissance a des répercussions concrètes au-delà des pourcentages abstraits. Le taux de marge des sociétés non financières, qui mesure la part de la valeur ajoutée qui leur revient une fois payés les salaires, s'est stabilisé à 31,5 % au deuxième trimestre 2026, au même niveau qu'au premier trimestre, selon l'Insee. Quand la production ralentit, comme lors des arrêts d'usines automobiles à l'automne 2025, ce sont des emplois industriels locaux qui sont directement touchés, bien avant que l'effet n'apparaisse dans la moyenne nationale du chômage. Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail s'établissait à 8,3 % de la population active, un niveau qui a continué d'augmenter trimestre après trimestre depuis 7,5 % au premier trimestre 2025, selon l'Insee.

La croissance pèse également sur les finances publiques, puisqu'une activité plus faible freine la progression des recettes fiscales et sociales. En 2025, le taux de prélèvements obligatoires s'est établi à 43,6 % du PIB, contre 42,8 % en 2024, selon l'Insee ; le déficit public, lui, s'est élevé à 152,5 milliards d'euros, soit 5,1 % du PIB, après 5,8 % en 2024. Une croissance plus faible qu'anticipé complique mécaniquement la trajectoire de réduction du déficit et de la dette publique, qui atteignait 117,5 % du PIB fin du premier trimestre 2026, selon l'Insee. Ces liens entre croissance, prélèvements et endettement sont détaillés dans le dossier consacré aux prélèvements obligatoires et au déficit public.

Pour un étudiant ou un élu local qui cherche à comprendre pourquoi ce chiffre fait régulièrement la une : un trimestre à +0,0 % signifie concrètement que la quantité de richesses produites en France n'a ni augmenté ni diminué entre les deux trimestres comparés. Ce n'est ni une récession (qui suppose plusieurs trimestres consécutifs de recul), ni une reprise franche. C'est un palier, qui limite les marges de manœuvre budgétaires et ralentit les créations d'emplois, sans pour autant constituer une crise aiguë comme celle observée lors de chocs plus marqués.

Questions fréquentes

Quel est le dernier taux de croissance trimestrielle publié par l'Insee ?

Le dernier chiffre disponible est celui du deuxième trimestre 2026 : le PIB en volume est stable, à +0,0 %, après -0,2 % au premier trimestre 2026, selon l'Insee (résultats détaillés publiés le 28 août 2026).

Quelle a été la croissance économique de la France en 2025 ?

Le PIB français a progressé de 0,8 % en volume sur l'ensemble de l'année 2025, selon l'Insee Première de mai 2026, après +1,5 % en 2024 et +1,6 % en 2023. Une première estimation, publiée en janvier 2026 par la direction générale du Trésor, avait avancé le chiffre de +0,9 %.

Qu'est-ce que l'acquis de croissance ?

C'est la croissance annuelle qui serait obtenue si le PIB restait, sur le reste de l'année, au niveau atteint lors du dernier trimestre connu. Fin août 2026, l'acquis de croissance pour 2026 s'établissait à +0,3 %, selon l'Insee.

Pourquoi le PIB trimestriel est-il révisé d'une publication à l'autre ?

La première estimation, publiée environ un mois après la fin du trimestre, s'appuie sur des indicateurs conjoncturels partiels. Les publications suivantes intègrent des données plus complètes, ce qui explique que le premier trimestre 2026, d'abord estimé à +0,0 % le 30 avril 2026, ait ensuite été révisé à -0,2 % dans la publication du 28 août 2026.

La croissance du PIB reflète-t-elle le pouvoir d'achat des ménages ?

Pas directement. Au deuxième trimestre 2026, alors que le PIB était stable, le pouvoir d'achat du revenu disponible brut des ménages par unité de consommation a reculé de 0,6 %, selon l'Insee, et le taux d'épargne des ménages s'est replié à 17,2 %.

Où trouver les prochains chiffres de croissance trimestrielle ?

L'Insee publie une première estimation des comptes nationaux trimestriels environ un mois après la fin de chaque trimestre, puis des résultats détaillés environ deux mois après, sur insee.fr.

Portrait de Gaspard Mérindol

Gaspard Mérindol, rédacteur en chef. Journaliste économique, il explique l'économie française avec les chiffres officiels : dette, emploi, salaires, prix. Chaque donnée est datée et sourcée.