
Les chiffres à retenir
- Le budget de l'État pour 2026 prévoit 325,4 milliards d'euros de recettes nettes et 458,9 milliards de charges nettes, soit un déficit de 134,6 milliards d'euros, selon la loi de finances initiale
- Plus de 90 % des recettes viennent des impôts, la TVA, l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés en tête
- Les dépenses sont votées par mission : 32 missions en 2026, l'enseignement scolaire restant la plus coûteuse devant la charge de la dette et la défense
- Les dépenses de l'État dépassent ses recettes depuis plus de quarante ans, ce qui alimente chaque année la dette publique
- Le déficit du budget de l'État ne se confond pas avec le déficit public, qui inclut aussi la Sécurité sociale et les collectivités locales
Le budget de l'État pour 2026 prévoit 325,4 milliards d'euros de recettes nettes et 458,9 milliards d'euros de charges nettes, selon la loi de finances initiale (LFI) promulguée le 19 février 2026. Le solde qui en résulte, un déficit de 134,6 milliards d'euros, doit être financé par de nouveaux emprunts.
Ce chiffre fait partie des indicateurs suivis dans le dossier finances publiques du site, aux côtés de la dette publique et du déficit de l'ensemble des administrations.
Qu'est-ce que le budget de l'État, au juste ?
Le budget de l'État correspond à l'ensemble de ses ressources et de ses dépenses pour une année civile, rappelle le site budget.gouv.fr de la direction du Budget. L'essentiel des ressources provient des impôts et des taxes payés par les citoyens et les entreprises. Les dépenses correspondent à l'argent que l'État utilise pour financer l'action publique : police, justice, recherche, éducation. Depuis plus de quarante ans, les dépenses de l'État sont supérieures à ses recettes, si bien que le budget fait apparaître un déficit chaque année.
Il ne faut pas confondre ce budget avec l'ensemble des finances publiques françaises. L'État ne recouvre pas la totalité de la dépense publique : même s'il est sollicité pour aider à équilibrer les budgets d'autres acteurs, il a une part minoritaire dans la dépense publique en France, à côté du budget de la Sécurité sociale et de celui des collectivités territoriales, précise economie.gouv.fr.
Budget général, budgets annexes, comptes spéciaux : trois compartiments
Le budget général retrace l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État, à l'exception des recettes affectées par la loi de finances à des dépenses particulières. Dans ce cas, elles sont présentées dans des comptes spéciaux ou des budgets annexes, explique budget.gouv.fr. Les budgets annexes regroupent les dépenses et les recettes d'un service de l'État dont l'activité produit des biens ou rend des services donnant lieu à paiement (le contrôle aérien, par exemple). Les comptes spéciaux, dont le compte d'affectation spéciale « Pensions », établissent un lien entre certaines recettes et certaines dépenses, ou font apparaître un bilan entre des opérations liées entre elles.
Combien pèse le budget de l'État en 2026 ?
Selon la publication « Chiffres clés du budget de l'État », établie par la direction du Budget sur la base de la loi de finances initiale pour 2026, les recettes nettes du budget général de l'État s'élèvent à 325 382 millions d'euros et les charges nettes à 458 859 millions d'euros. Le solde du budget de l'État, qui additionne budget général, budgets annexes et comptes spéciaux, s'établit à -134 627 millions d'euros, soit un déficit de 134,6 milliards d'euros. Ce montant se compare à un déficit de 131,6 milliards d'euros dans la loi de finances de fin de gestion pour 2025, selon vie-publique.fr.
| Loi de finances initiale | Recettes nettes du budget général | Charges nettes | Solde du budget de l'État |
|---|---|---|---|
| 2025 | 308,4 Md€ | 445,0 Md€ | -139,0 Md€ |
| 2026 | 325,4 Md€ | 458,9 Md€ | -134,6 Md€ |
Source : budget.gouv.fr, « Les chiffres clés du budget de l'État » pour 2025 et pour 2026.
Les crédits de paiement ouverts en 2026, qui financent l'action des ministères, se répartissent entre 593,9 milliards d'euros au budget général, 2,6 milliards d'euros pour les budgets annexes et 78,1 milliards d'euros pour les comptes d'affectation spéciale, toujours selon budget.gouv.fr. Ce montant global finance directement 2 016 588 emplois de l'État en équivalents temps plein travaillé (ETPT) autorisés pour 2026. Le budget de l'État finance aussi, en totalité ou en partie, 401 389 ETPT au sein des opérateurs de l'État : environ 167 600 dans les universités et grandes écoles, 71 400 dans les établissements publics de recherche, 49 000 chez France Travail, 17 200 dans le secteur de la culture et 13 200 pour l'agriculture, l'alimentation, les forêts et les affaires rurales.
Comment ce chiffre est calculé
La loi organique relative aux lois de finances (LOLF) de 2001 a fait du Parlement l'organe qui vote chaque année, au premier euro, l'ensemble des crédits par mission. La direction du Budget publie ensuite un solde qui combine le budget général (l'essentiel des recettes et dépenses courantes), les budgets annexes (services rendant des prestations payantes) et les comptes spéciaux (dont les pensions). Les recettes et les charges sont dites « nettes » car elles retirent les remboursements et dégrèvements d'impôts d'État, pour éviter de compter deux fois le même flux. C'est ce périmètre, dit « périmètre des dépenses de l'État » (PDE), qui sert de référence pour comparer un exercice à l'autre : il atteint 500,9 milliards d'euros en 2026, contre 490,4 milliards d'euros dans la loi de finances pour 2025.
D'où vient l'argent du budget de l'État ?
Les recettes de l'État proviennent presque entièrement de l'impôt. Les recettes fiscales, directes ou indirectes, forment plus de 90 % du total, le reste venant de recettes non fiscales comme le produit des amendes, des jeux ou des dividendes versés par les entreprises publiques, selon economie.gouv.fr. Quatre impôts principaux dominent : la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), l'impôt sur le revenu (IR), l'impôt sur les sociétés (IS) et les accises sur les énergies, qui regroupent depuis 2022 l'ancienne taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) et les taxes équivalentes sur le gaz et l'électricité.
| Recette (part revenant à l'État, 2026) | Montant prévu |
|---|---|
| Impôt sur le revenu | 104,0 Md€ |
| Taxe sur la valeur ajoutée (part État) | 109,1 Md€ |
| Impôt sur les sociétés | 59,0 Md€ |
| Accises sur les énergies | 22,9 Md€ |
| Autres recettes fiscales | 77,9 Md€ |
| Recettes non fiscales | 28,7 Md€ |
Source : budget.gouv.fr, « Chiffres clés » du projet de loi de finances pour 2026 (14 octobre 2025). Ce total de recettes fiscales nettes, 372,9 milliards d'euros, correspond à celui retenu par la commission des finances du Sénat dans son rapport sur le texte définitif.
La TVA collectée par l'État n'est pas intégralement conservée par le budget de l'État : une partie est redistribuée aux administrations de sécurité sociale et aux collectivités territoriales, rappelle vie-publique.fr, notamment depuis la suppression de la taxe d'habitation. C'est aussi le cas d'une partie des recettes fiscales qui sont directement affectées à des tiers, comme la contribution unique à la formation professionnelle versée à France compétences.
Où va l'argent ? La répartition des dépenses par mission
Depuis la LOLF de 2006, les dépenses de l'État ne sont plus classées par nature (personnel, fonctionnement, investissement) mais par « destination » : les missions, elles-mêmes déclinées en programmes puis en actions, explique budget.gouv.fr. Une mission correspond à une grande politique publique, et c'est sur elle que porte le vote des parlementaires. Le projet de loi de finances pour 2026 compte 32 missions pour le budget général, réparties en 129 programmes, selon budget.gouv.fr.
| Mission (hors contribution aux pensions) | Crédits de paiement 2026 |
|---|---|
| Enseignement scolaire | 64,5 Md€ |
| Engagements financiers de l'État (dont charge de la dette) | 60,4 Md€ |
| Défense | 57,1 Md€ |
| Recherche et enseignement supérieur | 31,3 Md€ |
| Solidarité, insertion et égalité des chances | 29,5 Md€ |
| Cohésion des territoires | 22,2 Md€ |
| Écologie, développement et mobilité durables | 20,9 Md€ |
| Sécurités | 17,7 Md€ |
| Travail, emploi et administration des ministères sociaux | 17,4 Md€ |
| Justice | 10,6 Md€ |
Source : budget.gouv.fr, « Chiffres clés » du projet de loi de finances pour 2026 (14 octobre 2025).
Hors remboursements et dégrèvements d'impôts, la mission la plus coûteuse reste, année après année, l'enseignement scolaire, confirme la commission des finances du Sénat dans son rapport sur le budget 2026. La défense est en revanche la mission qui progresse le plus fortement : ses crédits augmentent de 6,7 milliards d'euros par rapport à la loi de finances pour 2025, une accélération de l'effort déjà prévu par la loi de programmation militaire 2024-2030, selon le dossier de presse du gouvernement. Cette hausse finance notamment la création de plus de 800 emplois dans les armées et la modernisation des équipements.
Comment le budget de l'État est-il voté ?
Le budget de l'État est prévu chaque année par une loi de finances, seul texte qui traduise le consentement à l'impôt inscrit dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, rappelle vie-publique.fr. Le processus démarre au sein du gouvernement, sous l'autorité du Premier ministre : la direction du Budget mène des réunions techniques avec les ministères, puis rédige le projet de loi de finances (PLF), qui est adopté en Conseil des ministres et déposé au bureau de l'Assemblée nationale au plus tard le premier mardi d'octobre.
Le Parlement dispose ensuite d'un délai constitutionnel de 70 jours pour examiner le texte : 40 jours pour l'Assemblée nationale en première lecture, 20 jours pour le Sénat, et 10 jours de navette parlementaire, selon le site du Sénat. Les députés et sénateurs votent d'abord la partie « recettes », puis la partie « dépenses », mission par mission. Une fois le texte définitivement adopté, il peut être déféré devant le Conseil constitutionnel, ce qui est quasiment systématique pour les lois de finances, avant sa promulgation par le président de la République et sa publication au Journal officiel, en principe avant le 1er janvier de l'année concernée.
Loi de finances initiale, rectificative, de règlement : quelles différences ?
Il existe plusieurs catégories de lois de finances, précise le Sénat. La loi de finances initiale (LFI) définit le budget de l'année à venir. Les lois de finances rectificatives, ou la loi de finances de fin de gestion créée en 2023, modifient ce budget en cours d'exercice. La loi relative aux résultats de la gestion, ou loi de règlement, constate en fin d'année les montants définitifs de recettes et de dépenses de l'année écoulée.
Le budget 2026 illustre ce que prévoit la Constitution en cas de blocage. Faute d'accord parlementaire avant la fin de l'année 2025, une loi spéciale a été votée à l'unanimité le 23 décembre 2025 et publiée au Journal officiel le 26 décembre, pour autoriser la perception des impôts et la poursuite des dépenses courantes, sans remplacer le budget de l'année. Le Premier ministre a ensuite engagé à trois reprises la responsabilité du gouvernement, sur le fondement de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, les 20, 23 et 30 janvier 2026, avant une adoption définitive par l'Assemblée nationale le 2 février. Le Conseil constitutionnel a validé l'essentiel du texte le 19 février 2026, censurant sept dispositions jugées sans rapport avec le budget, et la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103) a été promulguée le même jour, publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon vie-publique.fr.
Pourquoi le budget de l'État est-il déficitaire depuis plus de quarante ans ?
Le déséquilibre n'a rien d'un accident isolé : depuis plus de quarante ans, les dépenses de l'État dépassent ses recettes chaque exercice, rappelle budget.gouv.fr. L'accumulation de ces déficits successifs constitue la dette de l'État, elle-même la composante la plus importante de la dette publique française, qui atteint 117,5 % du PIB fin mars 2026 selon l'Insee.
Une partie de cette dynamique tient au poids croissant de dépenses rigides : la mission « Engagements financiers de l'État », qui porte l'essentiel des intérêts versés aux créanciers de l'État, totalise 60,4 milliards d'euros de crédits de paiement dans la loi de finances pour 2026, contre 55,9 milliards d'euros dans celle pour 2025, selon budget.gouv.fr. Au sein de cette mission, la charge de la dette proprement dite, c'est-à-dire les seuls intérêts payés par l'État, atteint 58,0 milliards d'euros en 2026, contre 53,5 milliards d'euros en 2025, selon le rapport général du Sénat sur le projet de loi de finances pour 2026. Cette charge progresse plus vite que la plupart des autres dépenses, car elle dépend des taux d'intérêt auxquels l'État emprunte, un mécanisme détaillé dans l'article sur la dette publique du site.
Budget de l'État et déficit public : quelle différence ?
Le déficit du budget de l'État, 134,6 milliards d'euros dans la LFI pour 2026, ne mesure qu'une partie du problème. Le déficit public, suivi par l'Insee, additionne les soldes de l'État, des collectivités territoriales et de la Sécurité sociale. En 2025, il s'est élevé à 152,5 milliards d'euros, soit 5,1 % du produit intérieur brut, contre 5,8 % en 2024, selon l'Insee. C'est ce chiffre, et non le seul déficit budgétaire de l'État, qui sert de référence dans les engagements européens de la France, avec un objectif de retour sous 3 % du PIB en 2029.
Les comptes de la Sécurité sociale pèsent d'ailleurs de plus en plus lourd dans cet ensemble : leur déficit atteignait 23 milliards d'euros en 2025, après 15,3 milliards d'euros en 2024, selon le dossier de presse du projet de budget 2026. Les dépenses de fonctionnement des collectivités territoriales, elles, progressent plus modérément : elles s'élevaient à 220,5 milliards d'euros en 2024, contre 211,8 milliards d'euros en 2023, selon la Cour des comptes. Cette distinction explique pourquoi deux articles de presse peuvent citer, la même semaine, un « déficit » différent sans se contredire : ils ne parlent tout simplement pas du même périmètre.
Exemple concret
Pour mesurer ce que représente le budget de l'État à l'échelle d'un habitant, on peut rapprocher deux chiffres officiels : les 593,9 + 2,6 + 78,1 milliards d'euros de crédits ouverts en 2026 (budget général, budgets annexes et comptes d'affectation spéciale), soit 674,6 milliards d'euros au total, et les 69,08 millions d'habitants que compte la France au 1er janvier 2026 selon l'Insee. Le calcul, 674,6 milliards d'euros divisés par 69,08 millions d'habitants, donne environ 9 760 euros de dépenses de l'État par habitant sur l'année, tous âges confondus, bien avant tout financement de la Sécurité sociale ou des collectivités locales.
Questions fréquentes
Quel est le montant du budget de l'État en 2026 ?
La loi de finances initiale pour 2026 prévoit 325,4 milliards d'euros de recettes nettes du budget général et 458,9 milliards d'euros de charges nettes, pour un solde du budget de l'État de -134,6 milliards d'euros, selon budget.gouv.fr.
Qui vote le budget de l'État ?
Le Parlement, Assemblée nationale puis Sénat, vote chaque année le projet de loi de finances déposé par le gouvernement, dans un délai constitutionnel de 70 jours. Le texte est ensuite promulgué par le président de la République et publié au Journal officiel, en principe avant le 1er janvier de l'année qu'il concerne.
Quelle est la différence entre le budget de l'État et le budget de la Sécurité sociale ?
Ce sont deux budgets distincts, rappelle economie.gouv.fr : le budget de l'État est fixé par la loi de finances, tandis que les recettes et les dépenses de la Sécurité sociale relèvent de la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), votée en parallèle mais séparément.
Qu'est-ce qu'une mission budgétaire ?
Une mission regroupe un ensemble de programmes qui concourent à une même politique publique, par exemple la défense ou l'enseignement scolaire. C'est l'unité sur laquelle porte le vote des parlementaires depuis la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) de 2001, appliquée à partir de 2006.
Pourquoi le budget de l'État est-il en déficit chaque année ?
Parce que ses dépenses dépassent ses recettes depuis plus de quarante ans, selon budget.gouv.fr. Cette accumulation de déficits annuels constitue la dette de l'État, qui doit être financée par de nouveaux emprunts et alourdit la charge d'intérêts versée chaque année.
Que se passe-t-il si le budget n'est pas voté avant le 1er janvier ?
Le gouvernement peut déposer une loi de finances spéciale pour autoriser la perception des impôts existants et la poursuite des dépenses courantes, comme cela a été fait fin décembre 2025 avant l'adoption de la loi de finances pour 2026 le 19 février 2026. Il peut aussi engager sa responsabilité sur le vote grâce à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution.
Le budget de l'État n'est jamais un document figé : chaque loi de finances rectificative, chaque exécution mensuelle publiée par la direction du Budget vient corriger les prévisions initiales, parfois dans un sens plus favorable qu'annoncé, comme en 2025. Pour situer ce déficit dans l'ensemble des comptes publics, avec la trajectoire d'inflation qui influence chaque année les hypothèses retenues par Bercy, direction le dossier finances publiques du site.
Sources
- budget.gouv.fr, « Budget de l'État »
- budget.gouv.fr, « Les chiffres clés du budget de l'État pour 2026 »
- budget.gouv.fr, « Les chiffres clés du budget de l'État pour 2025 »
- economie.gouv.fr, « Le budget de l'État »
- vie-publique.fr, « Budget de l'État 2026 : loi de finances 2026 »
- vie-publique.fr, « L'élaboration du budget de l'État en six questions »
- Sénat, « Les lois de finances »
- Sénat, Rapport général sur le projet de loi de finances pour 2026, tome I
- Sénat, Rapport général sur le projet de loi de finances pour 2026, tome III, annexe 12, « Engagements financiers de l'État »
- Cour des comptes, « Les finances publiques locales » (fascicule 1)
Tous les chiffres clés de l'économie française sont réunis sur la page d'accueil.

Gaspard Mérindol, rédacteur en chef. Journaliste économique, il explique l'économie française avec les chiffres officiels : dette, emploi, salaires, prix. Chaque donnée est datée et sourcée.
