
Les chiffres à retenir
- En 2024, dans le secteur privé, le revenu salarial moyen des femmes est inférieur de 21,8 % à celui des hommes, selon l'Insee
- À temps de travail égal, l'écart de salaire en équivalent temps plein (EQTP) atteint 14,0 % en 2024, contre 14,2 % en 2023
- Pour le même poste dans le même établissement, l'écart résiduel se réduit à 3,6 % en 2024
- Depuis 1995, les inégalités de revenu salarial se sont réduites d'un tiers, grâce à la baisse des écarts de volume de travail et de salaire à temps plein
- Les femmes représentent 42 % des postes salariés du privé en équivalent temps plein mais seulement 24 % du 1 % des postes les plus rémunérés
En 2024, dans le secteur privé, le revenu salarial moyen des femmes est inférieur de 21,8 % à celui des hommes, selon l'Insee : 22 060 euros annuels pour les femmes, contre 28 220 euros pour les hommes. À temps de travail égal, c'est-à-dire en neutralisant les différences de volume de travail, l'écart de salaire en équivalent temps plein (EQTP) ressort à 14,0 %. Pour un même poste occupé dans le même établissement, il tombe à 3,6 %.
Ces trois chiffres, publiés dans l'Insee Focus n° 377 de février 2026 (insee.fr), racontent une histoire différente selon l'angle choisi. C'est précisément ce qui rend le débat sur les inégalités salariales difficile à suivre pour qui n'a pas les méthodes en tête. Cet article reprend les chiffres officiels les plus récents, explique comment ils sont construits, et montre ce que l'écart de salaire à poste égal mesure vraiment, et ce qu'il ne mesure pas. Les repères sur le marché du travail et les salaires permettent de replacer ce chiffre dans l'ensemble des indicateurs suivis sur le site.
Quel est l'écart de salaire entre femmes et hommes en France en 2024 ?
L'indicateur de référence publié chaque année par l'Insee s'appelle le revenu salarial. Il mesure la rémunération nette effective que touche un salarié au cours d'une année civile, en cumulant l'ensemble de ses emplois salariés dans le secteur privé. En 2024, parmi les salariés exerçant leur emploi principal dans le secteur privé, le revenu salarial moyen des femmes est inférieur de 21,8 % à celui des hommes, selon l'Insee Focus n° 377 de février 2026 (insee.fr). En valeur, cela correspond à 22 060 euros annuels pour les femmes contre 28 220 euros pour les hommes.
Le revenu salarial moyen, une mesure globale
Ce chiffre de 21,8 % est le plus souvent cité dans les médias, car il correspond à la situation réelle vécue par les salariés sur une année entière, carrières interrompues et temps partiels compris. Il reflète donc à la fois des différences de rémunération et des différences de volume de travail. En 2023, ce même écart s'établissait à 22,2 % selon l'Insee Focus n° 349 de mars 2025 (insee.fr), pour un revenu salarial de 21 340 euros chez les femmes contre 27 430 euros chez les hommes. La baisse d'une année à l'autre, 0,4 point, se situe dans la moyenne observée sur longue période.
L'écart à temps de travail égal
Une partie de l'écart de 21,8 % s'explique par le fait que les femmes travaillent, en moyenne, moins d'heures sur l'année que les hommes. En 2024, le volume de travail annuel des femmes est inférieur de 9,1 % à celui des hommes, selon l'Insee. En neutralisant cet effet, c'est-à-dire en comparant les salaires à temps de travail identique, l'écart de salaire en équivalent temps plein (EQTP) entre femmes et hommes atteint 14,0 % en 2024, contre 14,2 % en 2023. C'est ce chiffre qui se rapproche le plus de ce que l'on désigne, dans le débat public, par l'écart de salaire « à travail égal ».
Comment ce chiffre est calculé
Méthode et champ de l'Insee Focus
L'Insee s'appuie sur le panel « Tous salariés », constitué à partir des déclarations sociales des entreprises, et retient les salariés dont l'emploi principal relève du secteur privé. Le revenu salarial correspond à la somme des rémunérations nettes perçues au cours de l'année pour l'ensemble des emplois salariés d'une personne, qu'elle ait travaillé toute l'année ou seulement une partie, à temps plein ou à temps partiel. L'écart de 21,8 % en 2024 compare la moyenne de cet indicateur entre femmes et hommes. L'écart en équivalent temps plein (EQTP), lui, neutralise les différences de durée du travail, pour isoler ce qui tient à la seule différence de salaire à temps de travail comparable. Enfin, l'écart « au même poste dans le même établissement » compare des salariés occupant un emploi identique chez le même employeur, ce qui élimine aussi l'effet de la répartition des femmes et des hommes entre métiers, secteurs et entreprises. Source : Insee Focus n° 377, février 2026, https://www.insee.fr/fr/statistiques/8743657.
Pourquoi les femmes gagnent-elles moins : les facteurs qui expliquent l'écart
L'écart de 21,8 % ne s'explique pas par une seule cause. L'Insee distingue plusieurs mécanismes qui se cumulent, du volume de travail annuel jusqu'à la répartition des hommes et des femmes entre les postes les mieux rémunérés.
Le volume de travail annuel
Les femmes sont moins souvent en emploi que les hommes au cours de l'année, et elles occupent plus fréquemment un emploi à temps partiel, des situations qui peuvent relever d'un choix comme être subies, précise l'Insee. En 2024, ce moindre volume de travail représente 9,1 % d'écart en moyenne. C'est l'un des deux grands moteurs de la baisse de l'écart global depuis 1995, l'autre étant la réduction de l'écart de salaire à temps plein.
La répartition genrée des professions et des postes
Une deuxième part de l'écart tient au fait que les femmes et les hommes n'occupent pas les mêmes emplois et ne travaillent pas dans les mêmes secteurs. Selon l'Insee, en 2024, les femmes représentent 42 % des postes salariés du privé en équivalent temps plein, mais seulement 24 % du 1 % des postes les plus rémunérés. Autrement dit, elles sont nettement sous-représentées parmi les plus hauts salaires, ce qui tire mécaniquement vers le bas leur rémunération moyenne, indépendamment de tout écart à poste comparable.
L'écart de salaire à poste égal : que reste-t-il une fois neutralisées les différences de poste ?
C'est la question la plus discutée du débat public, et aussi la plus mal comprise. L'Insee calcule un dernier indicateur, le plus resserré de tous : l'écart de salaire net en équivalent temps plein pour le même emploi exercé dans le même établissement. En 2024, cet écart résiduel se réduit à 3,6 %, après 3,8 % en 2023. Ce chiffre correspond à ce que l'on désigne souvent, dans le débat public, comme l'écart de salaire à poste égal : une femme et un homme occupant exactement le même intitulé de poste, dans la même entreprise, au même niveau de temps de travail.
Ce résidu n'a pas disparu, mais les données disponibles ne permettent pas d'en retracer la trajectoire sur longue période ; seules les années 2023 et 2024 sont comparées ici. Il peut recouvrir des éléments que l'Insee ne détaille pas dans cette publication, comme l'ancienneté dans le poste, le temps partiel au sein même d'un poste identique, ou des négociations salariales individuelles. C'est pourquoi les lectures qui assimilent ce chiffre à une mesure pure de discrimination salariale restent prudentes dans leur interprétation : l'Insee présente ce résultat comme un écart résiduel, sans trancher sur sa décomposition exacte entre facteurs non observés.
Comment l'écart a-t-il évolué depuis 1995 ?
Le revenu salarial moyen des femmes était inférieur d'environ 34 % à celui des hommes entre 1995 et 2001, un écart resté stable sur cette période selon l'Insee. Il a ensuite amorcé une décrue régulière : entre 2001 et 2024, il a diminué de 12,3 points. En moyenne depuis 1995, l'écart de revenu salarial a ainsi reculé de 0,4 point par an, mais la baisse a été plus rapide entre 2019 et 2023, avec 0,9 point par an en moyenne sur cette sous-période. En 2024, le recul observé, 0,4 point, revient à un rythme plus proche de la tendance de longue période.
| Indicateur | 1995-2001 | 2023 | 2024 |
|---|---|---|---|
| Écart de revenu salarial (ensemble, y compris volume de travail) | environ 34 % | 22,2 % | 21,8 % |
| Écart de salaire à temps de travail égal (EQTP) | non publié dans l'extrait | 14,2 % | 14,0 % |
| Écart au même poste, dans le même établissement | non publié dans l'extrait | 3,8 % | 3,6 % |
Source : Insee, Insee Focus n° 349 (mars 2025) et n° 377 (février 2026), https://www.insee.fr/fr/statistiques/8381248 et https://www.insee.fr/fr/statistiques/8743657
Au total, entre 1995 et 2024, les inégalités de revenu salarial se sont réduites d'environ un tiers, selon l'Insee. Cette baisse résulte de deux mouvements qui se sont renforcés l'un l'autre : la diminution des écarts de volume de travail annuel, d'une part, et celle des écarts de salaire en équivalent temps plein, d'autre part.
Un exemple concret pour comprendre l'écart en euros
Prenons deux salariés fictifs du secteur privé, qui touchent chacun le revenu salarial moyen de leur sexe en 2024, selon l'Insee (Insee Focus n° 377). Camille, salariée, perçoit le revenu salarial moyen des femmes, soit 22 060 euros nets sur l'année. Son collègue Thomas, qui occupe un poste comparable mais travaille davantage d'heures sur l'année, perçoit le revenu salarial moyen des hommes, soit 28 220 euros nets. Entre ces deux montants moyens, l'écart correspond aux 21,8 % mesurés par l'Insee pour 2024.
Une partie de cet écart tient au volume de travail : si Camille travaillait exactement le même nombre d'heures sur l'année que Thomas, l'écart entre eux se réduirait mécaniquement, pour atteindre 14,0 % selon la mesure en équivalent temps plein publiée par l'Insee pour 2024. Et si, en plus, les deux occupaient rigoureusement le même poste dans le même établissement, l'écart résiduel attendu, selon l'Insee, se limiterait à 3,6 %. Cet exemple illustre pourquoi un même constat, « les femmes gagnent moins que les hommes », peut se décliner en trois chiffres très différents selon ce que l'on choisit de neutraliser.
Ce que disent les autres indicateurs du marché du travail
L'écart de salaire n'est pas le seul indicateur où femmes et hommes se distinguent sur le marché du travail. Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage au sens du BIT s'établit à 8,2 % pour les femmes et à 8,5 % pour les hommes, selon l'Insee (insee.fr). Ce chiffre montre que l'écart ne se situe pas, à cette date, sur le taux de chômage lui-même, mais bien davantage sur la rémunération et le volume de travail une fois en emploi.
Sur le plan des niveaux de salaire, l'Insee publie par ailleurs, pour 2024, un salaire moyen net en équivalent temps plein de 2 514 euros pour les femmes contre 2 891 euros pour les hommes dans le secteur privé, selon l'Insee Première n° 2079 d'octobre 2025 (insee.fr). Cette mesure mensuelle, calculée sur un champ incluant désormais les apprentis, les stagiaires et Mayotte, n'est pas directement comparable au revenu salarial annuel de l'Insee Focus, mais elle confirme le même ordre de grandeur de l'écart entre les deux sexes à temps plein. Pour aller plus loin sur ces montants, voir l'article consacré au salaire moyen en France et celui sur le salaire médian, qui détaillent la distribution des rémunérations par catégorie.
Ce que l'écart de salaire ne mesure pas
L'écart de 21,8 % mesuré par l'Insee ne doit pas être lu comme une mesure directe de discrimination à l'embauche ou en cours de carrière. Il additionne des phénomènes de nature différente : des choix ou contraintes de temps de travail, une répartition des métiers et des secteurs qui reste très marquée par le genre, un accès inégal aux postes les mieux rémunérés, et un résidu de 3,6 % qui subsiste même au même poste dans le même établissement. L'Insee ne publie pas, dans cette étude, de décomposition détaillée par âge, par diplôme ou par ancienneté, ni de comparaison internationale. Le chiffre ne dit non plus rien, à lui seul, sur les conséquences de cet écart sur le niveau des pensions de retraite, qui dépendent d'autres paramètres non traités dans cette publication.
Il convient aussi de distinguer cet indicateur du concept juridique d'égalité de rémunération « à travail égal, valeur égale », qui relève d'un cadre réglementaire distinct et ne fait pas l'objet, dans les sources mobilisées ici, d'un chiffrage national unique.
Questions fréquentes
Quel est l'écart de salaire entre femmes et hommes en France en 2024 ?
En 2024, dans le secteur privé, le revenu salarial moyen des femmes est inférieur de 21,8 % à celui des hommes, selon l'Insee Focus n° 377 de février 2026 : 22 060 euros annuels pour les femmes contre 28 220 euros pour les hommes.
Quelle est la différence entre l'écart de revenu salarial et l'écart de salaire à poste égal ?
Le revenu salarial de 21,8 % inclut les différences de volume de travail annuel. L'écart en équivalent temps plein, 14,0 % en 2024, neutralise ces différences de temps de travail. L'écart au même poste dans le même établissement, 3,6 % en 2024, neutralise en plus la répartition des métiers et des entreprises.
L'écart de salaire femmes hommes a-t-il baissé depuis 1995 ?
Oui. Selon l'Insee, le revenu salarial moyen des femmes était inférieur d'environ 34 % à celui des hommes entre 1995 et 2001. Il a ensuite reculé de 12,3 points entre 2001 et 2024, soit une réduction d'environ un tiers des inégalités de revenu salarial depuis 1995.
Pourquoi les femmes occupent-elles moins souvent les postes les mieux payés ?
Selon l'Insee, en 2024, les femmes représentent 42 % des postes salariés du privé en équivalent temps plein, mais seulement 24 % du 1 % des postes les plus rémunérés, ce qui tire leur rémunération moyenne vers le bas indépendamment de tout écart à poste comparable.
L'écart de salaire à poste égal a-t-il disparu ?
Non. Même pour le même emploi exercé dans le même établissement, l'écart de salaire net en équivalent temps plein s'établit à 3,6 % en 2024, après 3,8 % en 2023, selon l'Insee.
Ce chiffre concerne-t-il tous les salariés en France ?
Non. L'Insee Focus mesuré ici porte sur les salariés dont l'emploi principal relève du secteur privé, à partir du panel « Tous salariés ». Les montants et taux cités dans cet article se limitent à ce champ.
Ce que montrent ces chiffres, au fond, c'est qu'un même sujet peut donner lieu à trois lectures légitimes selon ce que l'on choisit de mesurer : la situation globale sur l'année, la situation à temps de travail égal, ou la situation au même poste. Retenir un seul de ces trois chiffres, sans préciser lequel, expose à des comparaisons trompeuses d'un article à l'autre.
Sources
- Insee Focus n° 377, Écart de salaire entre femmes et hommes en 2024
- Insee Focus n° 349, Écart de salaire entre femmes et hommes en 2023
- Insee Première n° 2079, Les salaires dans le secteur privé en 2024
- Insee, Taux de chômage au sens du BIT par sexe
- Insee, Informations rapides n° 158, dette publique au T1 2026
- Insee, Informations rapides n° 78, comptes des administrations publiques 2025
- Insee, Taux de prélèvements obligatoires rapportés au PIB
Tous les chiffres clés de l'économie française sont réunis sur la page d'accueil.

Gaspard Mérindol, rédacteur en chef. Journaliste économique, il explique l'économie française avec les chiffres officiels : dette, emploi, salaires, prix. Chaque donnée est datée et sourcée.


