
Les chiffres à retenir
- Le taux d'épargne des ménages s'établit à 17,2 % de leur revenu disponible brut au deuxième trimestre 2026, selon l'Insee, après 17,9 % au trimestre précédent
- Il reste nettement au-dessus de sa moyenne historique d'avant 2020, qui tournait autour de 14 à 15 %
- Il se calcule en rapportant l'épargne brute, ce qui reste du revenu disponible une fois la consommation déduite, au revenu disponible brut lui-même
- Une partie de cette épargne est placée sur des produits financiers et une autre sert à investir, notamment dans l'immobilier
- Le taux d'épargne ne dit rien de sa répartition entre les ménages ni du choix des produits sur lesquels elle est placée
Le taux d'épargne des ménages s'établit à 17,2 % de leur revenu disponible brut au deuxième trimestre 2026, selon l'Insee, après 17,9 % au trimestre précédent. Ce chiffre mesure la part du revenu des ménages qui n'est pas consommée, et il reste nettement au-dessus de sa moyenne d'avant la crise sanitaire, qui se situait entre 14 % et 15 %.
Ce chiffre fait partie des indicateurs suivis dans le dossier prix et niveau de vie du site, aux côtés du pouvoir d'achat et de l'inflation.
Quel est le taux d'épargne des ménages aujourd'hui ?
Au deuxième trimestre 2026, le taux d'épargne des ménages français s'établit à 17,2 % de leur revenu disponible brut (RDB), selon l'Insee, dans les résultats détaillés des comptes nationaux trimestriels publiés le 28 août 2026. Il recule donc par rapport au premier trimestre 2026, où il atteignait 17,9 %. L'Insee explique ce repli par un double mouvement : la consommation des ménages a accéléré ce trimestre tandis que leur pouvoir d'achat par unité de consommation reculait nettement, de 0,6 % après déjà 0,2 % au trimestre précédent.
Au sein de ce taux d'épargne global, l'Insee distingue également un taux d'épargne financière, c'est-à-dire la part du revenu disponible brut qui se retrouve sur des placements financiers (livrets, assurance vie, comptes courants, actions) plutôt qu'investie dans un bien immobilier ou un autre actif non financier. Ce taux d'épargne financière s'établit à 8,5 % au deuxième trimestre 2026, après 9,1 % au premier trimestre. La différence entre les deux taux correspond, pour l'essentiel, à l'investissement des ménages, notamment dans l'immobilier.
Qu'est-ce que le taux d'épargne des ménages, au juste ?
Le taux d'épargne des ménages est un indicateur publié chaque trimestre par l'Insee dans le cadre des comptes nationaux. Il rapporte l'épargne des ménages, c'est-à-dire la part de leur revenu qui n'est pas dépensée en consommation, à leur revenu disponible brut, le fameux RDB. Le revenu disponible brut regroupe les salaires, les revenus du patrimoine, les prestations sociales reçues et les revenus d'activité indépendante, après déduction des impôts directs et des cotisations sociales.
Concrètement, lorsqu'un ménage dépense une partie de son revenu disponible en biens et services, le reliquat non dépensé constitue son épargne de la période. Rapporté au revenu, ce reliquat donne le taux d'épargne. C'est très exactement ce calcul, appliqué à l'ensemble des ménages français et agrégé par l'Insee, qui donne le chiffre de 17,2 % au deuxième trimestre 2026.
Cet indicateur ne doit pas être confondu avec le pouvoir d'achat, qui mesure ce que le revenu disponible permet effectivement d'acheter une fois les prix pris en compte. Le pouvoir d'achat du revenu disponible brut par unité de consommation a lui aussi reculé nettement au deuxième trimestre 2026, de 0,6 %, selon l'Insee, après 0,2 % au trimestre précédent. Les deux évolutions sont liées : quand le pouvoir d'achat recule et que la consommation progresse malgré tout, c'est l'épargne qui absorbe le choc, et le taux d'épargne baisse.
Comment ce chiffre est calculé
Le taux d'épargne des ménages est calculé par l'Insee à partir des comptes nationaux trimestriels. Il correspond au rapport entre l'épargne brute des ménages et leur revenu disponible brut (RDB), sur la même période. L'épargne brute est elle-même égale au revenu disponible brut diminué de la dépense de consommation finale des ménages. Les données sont corrigées des variations saisonnières et des effets de jours ouvrables (CVS-CJO), ce qui permet de comparer un trimestre à l'autre sans que les effets de calendrier ne brouillent la lecture. L'Insee publie également un taux d'épargne financière, qui isole la part de l'épargne placée en produits financiers, par différence avec l'investissement en logement et autres actifs non financiers. Champ : ensemble des ménages résidents, y compris entrepreneurs individuels, au niveau macroéconomique national ; le taux d'épargne ne renseigne donc pas sur la situation d'un ménage en particulier.
Comment le taux d'épargne a-t-il évolué depuis 2020 ?
Avant la crise sanitaire, le taux d'épargne des ménages français était resté relativement stable, autour de 14 % à 15 %, depuis les années 1990, selon la direction générale du Trésor. La crise sanitaire a bouleversé cette tendance : la consommation a été fortement contrainte par les confinements, tandis que les revenus étaient en partie protégés par les dispositifs de soutien, si bien que le taux d'épargne a bondi à 20,4 % en 2020, puis 19,1 % en 2021. Avec la réouverture progressive de l'économie, il a ensuite reflué à 16,8 % en 2022 et 16,9 % en 2023, sans retomber à son niveau d'avant-crise. En 2024, le taux d'épargne a de nouveau rebondi, à 18,2 %, plus de 3 points au-dessus de sa moyenne historique, avant d'atteindre 18,8 % au premier trimestre 2025, selon la direction générale du Trésor.
Depuis ce pic, le mouvement s'est inversé trimestre après trimestre, comme le montre la série la plus récente publiée par l'Insee.
| Période | Taux d'épargne des ménages (% du RDB) | Taux d'épargne financière (% du RDB) |
|---|---|---|
| 2020 (année) | 20,4 % | n.d. |
| 2021 (année) | 19,1 % | n.d. |
| 2022 (année) | 16,8 % | n.d. |
| 2023 (année) | 16,9 % | n.d. |
| 2024 (année) | 18,2 % | n.d. |
| T1 2025 | 18,8 % | n.d. |
| T3 2025 | 17,7 % | 8,7 % |
| T4 2025 | 17,7 % | 8,7 % |
| T1 2026 | 17,9 % | 9,1 % |
| T2 2026 | 17,2 % | 8,5 % |
Sources : direction générale du Trésor, Flash conjoncture France, 6 juin 2025 (chiffres annuels 2020 à 2024 et T1 2025) ; Insee, Informations rapides n° 212, 28 août 2026 (chiffres trimestriels à partir de T3 2025).
Cette série illustre un repli progressif du taux d'épargne français depuis son pic de début 2025. Le repli enregistré au deuxième trimestre 2026, à 17,2 %, confirme cette tendance, même si le niveau reste supérieur à la moyenne d'avant-crise.
Pourquoi le taux d'épargne reste-t-il élevé en France ?
Dans son Flash conjoncture publié le 6 juin 2025, la direction générale du Trésor avance plusieurs explications au niveau élevé du taux d'épargne français depuis 2020. La première tient au lissage de la consommation : lorsque le revenu disponible brut des ménages augmente fortement, comme ce fut le cas en 2024 avec une hausse du pouvoir d'achat de 2,5 %, contre 1,0 % en moyenne sur la période 2010-2019, la consommation ne s'ajuste pas immédiatement. Selon le modèle macroéconométrique Opale de la direction générale du Trésor, une hausse de 1 point du revenu disponible brut réel ne se traduit que par une hausse de 0,54 point de la consommation après quatre trimestres, le reste étant consommé plus tardivement. Cette mécanique explique une partie de la hausse du taux d'épargne de 1,3 point entre 2023 et 2024.
La deuxième explication tient à la composition du revenu. Entre 2019 et 2024, la structure du revenu des ménages s'est déformée en faveur des revenus de la propriété, c'est-à-dire des revenus tirés du patrimoine, reflétant à la fois la hausse des taux d'intérêt et le dynamisme des dividendes versés par les sociétés. Or ces revenus sont concentrés chez les ménages du haut de la distribution des revenus, qui ont une propension à consommer plus faible que le reste de la population : un euro supplémentaire de dividende est donc moins souvent dépensé qu'un euro supplémentaire de salaire.
Enfin, la direction générale du Trésor évoque l'effet de l'inflation sur les comportements. Si l'inflation ressentie par les ménages reste élevée alors que l'inflation mesurée s'est normalisée, cet écart de perception peut continuer, pour un temps, à peser sur la consommation et à soutenir l'épargne. Les taux des crédits à la consommation en baisse facilitent par ailleurs l'accès au crédit, ce qui réduit la contrainte de liquidité de certains ménages et peut, à l'inverse, atténuer la pression à épargner.
Où va cette épargne : placements financiers et investissement
Le taux d'épargne global des ménages se décompose en deux grandes destinations. Une partie est placée en produits financiers, livrets, assurance vie, comptes bancaires, actions : c'est ce que mesure le taux d'épargne financière, à 8,5 % du revenu disponible brut au deuxième trimestre 2026, selon l'Insee. L'autre partie correspond à l'investissement des ménages dans des actifs non financiers, au premier rang desquels le logement. Dans les comptes de la Nation pour 2025, l'Insee relève que la formation brute de capital fixe des ménages, qui inclut notamment les achats de logements neufs et les travaux, a reculé de 0,2 % en volume cette année-là, après des baisses bien plus marquées de 9,8 % en 2024 et 8,2 % en 2023.
Cette composition de l'épargne a des conséquences très concrètes sur l'économie. Lorsque les ménages orientent davantage leur épargne vers des placements financiers plutôt que vers l'investissement immobilier, l'argent circule différemment dans l'économie : il finance par exemple l'État ou les entreprises via les marchés financiers plutôt que le secteur de la construction. Cette distinction entre épargne financière et investissement réel figure dans les comptes de l'Insee, même si elle reste moins souvent mise en avant que les seuls produits bancaires dans lesquels les ménages placent leur épargne.
Un exemple concret pour comprendre le calcul
Prenons le cas d'un ménage, Camille et son conjoint, dont le revenu disponible brut mensuel est connu une fois les impôts directs et les cotisations sociales déduits. Si ce foyer dépense une partie de ce revenu en consommation (loyer, alimentation, transports, loisirs), il lui reste un montant non consommé. Rapporté au revenu disponible du foyer, ce montant représente son taux d'épargne personnel, qui peut s'écarter sensiblement du taux de 17,2 % mesuré par l'Insee pour l'ensemble des ménages français au deuxième trimestre 2026, puisque ce dernier est une moyenne nationale. Une partie de cette épargne ira sur un livret ou une assurance vie, l'autre servira peut-être à rembourser un crédit immobilier ou à financer des travaux : c'est la distinction entre épargne financière et investissement évoquée plus haut.
Cet exemple simplifié illustre bien la mécanique du calcul, mais il ne reflète évidemment pas la diversité des situations réelles. Le taux d'épargne macroéconomique est une moyenne sur l'ensemble des ménages, et les ménages aux revenus les plus élevés, qui épargnent proportionnellement davantage, tirent cette moyenne vers le haut.
Ce que le taux d'épargne ne mesure pas
Le taux d'épargne des ménages est un indicateur macroéconomique agrégé : il ne dit rien de la répartition de cette épargne entre les ménages. Un taux de 17,2 % ne signifie pas que chaque foyer français épargne 17,2 % de son revenu : certains ménages, notamment ceux dont le revenu est juste suffisant pour couvrir leurs dépenses pré-engagées, comme le loyer ou les factures d'énergie, n'épargnent rien, tandis que d'autres, aux revenus plus élevés ou composés en partie de revenus du patrimoine, épargnent une part bien plus importante de ce qu'ils gagnent.
Cet indicateur ne distingue pas non plus, à lui seul, la nature de l'épargne : une hausse du taux d'épargne peut traduire un choix volontaire de précaution face à une période d'incertitude, ou au contraire une contrainte, lorsque les ménages ne parviennent pas à consommer autant qu'ils le souhaiteraient, par exemple en période de confinement. Enfin, le taux d'épargne publié par l'Insee est une donnée macroéconomique nationale : il ne permet pas, en l'état, de connaître la part exacte de l'épargne orientée vers chaque produit financier, livret réglementé, assurance vie ou actions, information que l'Insee et la Banque de France publient séparément dans d'autres statistiques sur les placements.
Questions fréquentes
Quel est le taux d'épargne des ménages français en 2026 ?
Au deuxième trimestre 2026, le taux d'épargne des ménages s'établit à 17,2 % de leur revenu disponible brut, selon l'Insee, après 17,9 % au premier trimestre 2026.
Comment calcule-t-on le taux d'épargne des ménages ?
Le taux d'épargne se calcule en rapportant l'épargne brute des ménages, c'est-à-dire leur revenu disponible brut diminué de leur dépense de consommation, à ce même revenu disponible brut. Le résultat est exprimé en pourcentage.
Pourquoi le taux d'épargne des Français est-il plus élevé qu'avant la crise sanitaire ?
Avant 2020, le taux d'épargne tournait autour de 14 % à 15 %. Selon la direction générale du Trésor, le lissage de la consommation après des hausses de revenu, la part croissante des revenus du patrimoine dans le revenu des ménages et l'inflation ressentie expliquent en partie ce niveau durablement plus élevé depuis la crise sanitaire.
Quelle est la différence entre taux d'épargne et taux d'épargne financière ?
Le taux d'épargne mesure l'ensemble de l'épargne des ménages, qu'elle soit placée en produits financiers ou investie dans un logement. Le taux d'épargne financière isole la seule part placée en produits financiers, livrets, assurance vie ou actions. Il s'établit à 8,5 % du revenu disponible brut au deuxième trimestre 2026, selon l'Insee.
Le taux d'épargne mesure-t-il la richesse des ménages français ?
Non. Le taux d'épargne est un flux rapporté au revenu d'une période donnée, pas un stock de richesse. Il ne dit rien du patrimoine déjà accumulé par les ménages ni de sa répartition.
Où trouver les derniers chiffres officiels du taux d'épargne ?
L'Insee publie ce chiffre chaque trimestre dans ses Informations rapides sur les comptes nationaux trimestriels, disponibles sur insee.fr. La direction générale du Trésor publie également des analyses ponctuelles sur les facteurs explicatifs de son niveau.
Le taux d'épargne des ménages n'est pas un simple indicateur de prudence individuelle : il résume, trimestre après trimestre, l'équilibre que les Français trouvent entre consommer et mettre de côté, dans un contexte où le pouvoir d'achat et l'inflation pèsent directement sur ce choix. Son repli récent, de 18,8 % début 2025 à 17,2 % mi-2026, montre que la normalisation annoncée par la direction générale du Trésor est bel et bien à l'œuvre, sans pour autant ramener l'épargne des Français à son niveau d'avant 2020.
Sources
- Insee, Informations rapides n° 212, 28 août 2026 : comptes nationaux trimestriels, résultats détaillés T2 2026
- Insee Première n° 2105, mai 2026 : Les comptes de la Nation en 2025
- Insee, France, portrait social : Consommation et épargne des ménages
- Insee, Informations rapides n° 78, 27 mars 2026 : déficit et dette publics en 2025
- Insee, Informations rapides n° 158, 25 juin 2026 : dette publique fin T1 2026
- Insee, Taux de prélèvements obligatoires rapportés au PIB
- Direction générale du Trésor, Flash conjoncture France, 6 juin 2025
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Gaspard Mérindol, rédacteur en chef. Journaliste économique, il explique l'économie française avec les chiffres officiels : dette, emploi, salaires, prix. Chaque donnée est datée et sourcée.


