
Les chiffres à retenir
- En 2024, le niveau de vie médian atteint 26 740 euros par an par unité de consommation, soit 2 228 euros par mois pour une personne seule, selon l'Insee
- Il progresse de 1,8 % en euros constants entre 2023 et 2024, porté par les retraites, les salaires et les revenus financiers
- Il se distingue du revenu disponible du ménage car il est corrigé par le nombre d'unités de consommation, qui tient compte de la taille et de la composition du foyer
- Le seuil de pauvreté à 60 % de ce niveau de vie médian s'établit à 1 337 euros par mois en 2024
- Le niveau de vie médian des femmes atteint 26 390 euros en 2024, nettement inférieur à leur niveau de vie moyen de 30 480 euros, selon l'Insee
En 2024, le niveau de vie médian des personnes vivant dans un logement ordinaire en France métropolitaine atteint 26 740 euros par an par unité de consommation, selon l'Insee. Cela correspond à un revenu disponible de 2 228 euros par mois pour une personne seule, et de 4 011 euros pour un couple avec un enfant de moins de 14 ans. La moitié des habitants vivent sous ce niveau, l'autre moitié au-dessus.
Ce chiffre fait partie des indicateurs suivis dans le dossier prix et niveau de vie du site, aux côtés du seuil de pauvreté, de l'inflation et des inégalités de revenus.
Qu'est-ce que le niveau de vie médian, au juste ?
Le niveau de vie médian est le niveau de vie qui partage la population en deux groupes de taille égale : la moitié des personnes ont un niveau de vie inférieur à ce montant, l'autre moitié un niveau de vie supérieur. C'est une mesure différente de la moyenne, qui est tirée vers le haut par les très hauts revenus. Pour s'en convaincre, il suffit de comparer, chez les femmes en 2024, le niveau de vie médian (26 390 euros selon l'Insee) et le niveau de vie moyen (30 480 euros selon la même source) : l'écart entre les deux montre bien à quel point une poignée de revenus élevés gonfle la moyenne sans représenter la situation de la majorité.
Le niveau de vie n'est pas un salaire. Il est calculé à partir du revenu disponible du ménage, c'est-à-dire l'ensemble des ressources (salaires, pensions, revenus du patrimoine, prestations sociales) moins les impôts directs, puis divisé par le nombre d'unités de consommation (UC) du foyer. Cette division permet de comparer des ménages de tailles différentes sur une base commune, ce qui n'est pas le cas du revenu disponible brut d'un ménage pris isolément.
Le dernier chiffre : 26 740 euros par an en 2024
Selon l'Insee Première publié le 9 juillet 2026 (« Niveau de vie et pauvreté en 2024 »), la moitié des personnes vivant dans un logement ordinaire de France métropolitaine ont un niveau de vie annuel inférieur à 26 740 euros par unité de consommation en 2024. Ce niveau de vie médian correspond à un revenu disponible de 2 228 euros mensuels pour une personne seule et de 4 011 euros pour un couple avec un enfant de moins de 14 ans.
Ce montant progresse de 1,8 % en euros constants par rapport à 2023, alors que l'inflation reflue nettement. Cette hausse concerne toute l'échelle des niveaux de vie : les personnes les plus modestes voient leur niveau de vie augmenter de 1,7 % et les plus aisées de 1,4 %, selon l'Insee. Les retraites revalorisées, les hausses de salaires supérieures à l'inflation, les taux de rendement élevés des placements financiers et, pour les ménages modestes, la revalorisation des prestations sociales expliquent cette progression générale.
L'année précédente, en 2023, le niveau de vie annuel médian s'élevait à 25 760 euros par unité de consommation, soit un revenu disponible de 2 150 euros mensuels pour une personne seule et 3 860 euros pour un couple avec un enfant de moins de 14 ans. Il avait alors progressé de 5,9 % en euros courants, mais seulement de 0,9 % en euros constants, l'inflation s'étant maintenue à un niveau élevé cette année-là.
| Indicateur | 2023 | 2024 | Évolution en euros constants |
|---|---|---|---|
| Niveau de vie médian (annuel, par UC) | 25 760 € | 26 740 € | +1,8 % |
| Niveau de vie médian mensuel (personne seule) | 2 150 € | 2 228 € | +1,8 % |
| Niveau de vie médian mensuel (couple, 1 enfant moins de 14 ans) | 3 860 € | 4 011 € | +1,8 % |
| 1er décile (D1, plafond des 10 % les plus modestes) | n.d. | 13 970 € | +1,7 % |
| 9e décile (D9, plancher des 10 % les plus aisés) | n.d. | 48 580 € | +1,4 % |
Source : Insee, « Niveau de vie et pauvreté en 2024 », Insee Première n° 2117, 9 juillet 2026 ; « Niveau de vie et pauvreté en 2023 », Insee Première n° 2063.
Entre les deux années, la progression n'est pas identique sur toute l'échelle. En 2024, le deuxième décile augmente de 2,1 % en euros constants et le troisième de 1,8 %, tandis que le huitième décile croît de 1,6 %. Contrairement à 2023, année marquée par le recul du niveau de vie des 30 % des personnes les plus modestes après prise en compte de l'inflation, les déciles inférieurs au niveau de vie médian progressent en 2024 à un rythme proche de celui-ci.
L'unité de consommation : pourquoi on ne compare pas des revenus bruts
Un couple avec deux revenus de 2 000 euros chacun n'a pas le même niveau de vie qu'une personne seule gagnant 2 000 euros : les charges fixes (logement, équipement) se répartissent sur deux personnes, et vivre à deux coûte moins cher que vivre seul deux fois. C'est pour neutraliser cet effet de taille et de composition du ménage que l'Insee utilise les unités de consommation.
Les seuils de pauvreté mensuels publiés par l'Insee permettent de reconstituer ce barème pour 2023 : le seuil à 60 % s'élève à 1 288 euros pour une personne seule, à 1 932 euros pour un couple, soit 1,5 fois le montant d'une personne seule, auquel s'ajoutent 386 euros par enfant de moins de 14 ans (0,3 fois le seuil d'une personne seule) et 644 euros par enfant plus âgé (0,5 fois ce même seuil). Autrement dit, le premier adulte du foyer compte pour une unité de consommation entière, le second adulte (ou l'enfant de 14 ans ou plus) pour une demi-unité supplémentaire, et un enfant de moins de 14 ans pour 0,3 unité de plus.
Ce calcul explique pourquoi un couple avec un enfant de moins de 14 ans n'a pas besoin de deux fois le revenu d'une personne seule pour avoir le même niveau de vie : il lui faut 1 unité pour le premier adulte, 0,5 pour le second adulte et 0,3 pour l'enfant de moins de 14 ans.
Comment ce chiffre est calculé
Le niveau de vie médian est produit par l'Insee à partir de l'enquête Revenus fiscaux et sociaux (ERFS), qui combine les déclarations fiscales des ménages et des données sur les prestations sociales (Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA). Le champ retenu est celui des individus vivant dans un ménage en logement ordinaire de France métropolitaine, dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante. Pour chaque ménage, l'Insee calcule le revenu disponible (ensemble des ressources moins les impôts directs), puis le divise par le nombre d'unités de consommation du foyer pour obtenir le niveau de vie de chacun de ses membres. La médiane est ensuite calculée sur l'ensemble de la population ainsi définie, ce qui en fait un indicateur qui partage exactement la population en deux, à la différence de la moyenne.
Niveau de vie médian et revenu disponible des ménages
Le niveau de vie médian individuel découle du revenu disponible des ménages, mais les deux notions ne se confondent pas : le revenu disponible brut (RDB) est une grandeur agrégée qui mesure l'ensemble des ressources perçues par les ménages français, tandis que le niveau de vie médian est un indicateur de distribution, rapporté à l'individu et corrigé par unité de consommation.
Le pouvoir d'achat du RDB par unité de consommation, qui rapproche ces deux notions, a reculé de 0,6 % au deuxième trimestre 2026, après un repli de 0,2 % au premier trimestre, selon l'Insee. Dans le même temps, le taux d'épargne des ménages s'est établi à 17,2 % de leur RDB au deuxième trimestre 2026, après 17,9 % au trimestre précédent. Ces mouvements trimestriels de pouvoir d'achat ne modifient pas directement le niveau de vie médian annuel, qui est calculé sur une base fiscale et sociale distincte, mais ils donnent une indication sur la tendance de court terme qui précédera les prochaines publications du niveau de vie médian.
Cette distinction se retrouve dans le lien entre niveau de vie médian et seuil de pauvreté : le seuil à 60 % du niveau de vie médian s'établit à 1 337 euros par mois en 2024 pour une personne seule, selon l'Insee, et 9,8 millions de personnes vivent sous ce seuil, soit un taux de pauvreté stable à 15,4 %, son plus haut niveau depuis 1996, date de début de la série.
Pour approfondir le calcul de cet indicateur et son évolution récente, le dossier consacré au seuil de pauvreté en France détaille les montants publiés par l'Insee et leurs conséquences.
Le niveau de vie médian des femmes et des hommes
L'Insee publie également le niveau de vie médian selon le sexe des individus, sur le champ des personnes vivant dans un ménage en logement ordinaire de France métropolitaine, dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante. En 2024, le niveau de vie médian des femmes s'élève à 26 390 euros, et leur niveau de vie moyen à 30 480 euros, selon l'Insee. Cet écart confirme que les femmes restent en moyenne plus exposées aux bas et moyens niveaux de vie, alors que la moyenne est surtout tirée par une minorité de hauts revenus.
Cette statistique doit être lue avec prudence sur le plan temporel : l'Insee signale des ruptures de série en 2010, 2012 et 2020 pour cette variable, ce qui limite la comparaison directe entre des années éloignées. Depuis 2020, la série est calculée avec une chaîne de production de l'ERFS rénovée s'appuyant sur la nouvelle enquête Emploi, ce qui crée une discontinuité méthodologique avec les points antérieurs.
Le niveau de vie médian des femmes se distingue aussi du salaire médian, qui mesure la rémunération individuelle issue du travail salarié et non le niveau de vie d'un ménage après redistribution. Le dossier consacré au salaire médian en France permet de comparer ces deux notions, qui répondent à des questions différentes.
Ce que le niveau de vie médian ne mesure pas
Le niveau de vie médian résume une distribution en un seul chiffre, ce qui en fait un indicateur pratique mais limité. Il ne dit rien de la dispersion des niveaux de vie autour de ce point central : deux pays, ou deux années, peuvent afficher le même niveau de vie médian avec des écarts entre riches et pauvres très différents. Pour mesurer ces écarts, l'Insee utilise l'indice de Gini, qui s'établissait à 0,297 en 2023, et le rapport interdécile D9/D1, qui s'élevait à 3,49 la même année, c'est-à-dire que le niveau de vie plancher des 10 % les plus aisés était 3,49 fois plus élevé que le niveau de vie plafond des 10 % les plus modestes.
Le niveau de vie médian ne prend pas non plus en compte le patrimoine (logement, épargne, placements) ni les loyers fictifs que les propriétaires économisent en n'ayant pas à payer de loyer. Il ne mesure pas davantage le coût de la vie local, qui peut varier sensiblement entre un grand centre urbain et une zone rurale, ni les services publics gratuits ou subventionnés (santé, éducation) dont bénéficient les ménages. Enfin, l'indicateur est calculé sur le champ de la France métropolitaine et des logements ordinaires, ce qui exclut les personnes sans domicile et les résidents des départements d'outre-mer de ce périmètre précis.
Pour resituer ces écarts dans une analyse plus large des inégalités de revenus, le dossier consacré aux inégalités de revenus en France détaille l'évolution du Gini et des rapports interdéciles.
Un exemple concret pour comprendre le calcul
Prenons Lucie, qui vit seule et perçoit un revenu disponible de 2 228 euros par mois en 2024. Son ménage compte une seule unité de consommation (1 UC, puisqu'elle est le premier adulte du foyer). Son niveau de vie est donc égal à son revenu disponible, soit 2 228 euros, ce qui correspond exactement au niveau de vie médian de 2024 : elle se situe donc au milieu de la distribution, ni parmi les plus modestes ni parmi les plus aisés.
Prenons maintenant Karim et sa conjointe, qui forment un couple avec un enfant de moins de 14 ans et perçoivent ensemble un revenu disponible de 4 011 euros par mois en 2024. Leur foyer compte 1,8 unité de consommation (1 pour le premier adulte, 0,5 pour le second adulte, 0,3 pour l'enfant de moins de 14 ans). Leur niveau de vie individuel s'obtient en divisant le revenu disponible du ménage par ce nombre d'unités : 4 011 euros correspondent précisément au niveau de vie médian pour cette composition familiale en 2024, selon l'Insee. Chaque membre du foyer, y compris l'enfant, est donc considéré comme ayant ce niveau de vie, même si l'enfant ne perçoit évidemment aucun revenu propre.
Ces deux exemples montrent que le niveau de vie médian ne correspond pas à un même revenu disponible selon la taille du ménage : une personne seule et un couple avec enfant au niveau de vie médian touchent des revenus disponibles très différents, mais équivalents une fois corrigés par les unités de consommation.
Le niveau de vie médian dans le contexte économique de 2026
Le niveau de vie médian de 2024 a été publié dans un contexte économique sensiblement différent de celui de 2026. L'inflation mesurée par l'indice des prix à la consommation s'élevait à 2,4 % sur un an en août 2026, après 2,1 % en juillet, selon l'Insee, une accélération tirée notamment par les prix de l'énergie. Cette remontée de l'inflation, combinée au recul du pouvoir d'achat du revenu disponible par unité de consommation au premier semestre 2026, suggère que la progression du niveau de vie médian observée entre 2023 et 2024 ne se prolongera pas nécessairement de la même façon en 2025 et 2026, mais les chiffres définitifs ne seront connus qu'avec la prochaine édition de l'Insee Première sur le niveau de vie et la pauvreté.
Le dossier consacré à l'pouvoir d'achat et son calcul selon l'Insee permet de suivre ces évolutions trimestrielles en attendant la prochaine publication annuelle sur le niveau de vie médian.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre niveau de vie médian et niveau de vie moyen ?
Le niveau de vie médian partage la population en deux groupes égaux : la moitié des personnes ont un niveau de vie inférieur, l'autre moitié un niveau de vie supérieur. Le niveau de vie moyen additionne tous les niveaux de vie et les divise par le nombre de personnes, ce qui le rend sensible aux très hauts revenus. Chez les femmes en 2024, l'écart entre les deux est net : 26 390 euros pour la médiane contre 30 480 euros pour la moyenne, selon l'Insee.
Qu'est-ce qu'une unité de consommation ?
L'unité de consommation est un coefficient de pondération qui tient compte de la taille et de la composition du ménage pour calculer le niveau de vie de chacun de ses membres. D'après les seuils de pauvreté publiés par l'Insee pour 2023, le premier adulte compte pour une unité, le second adulte (ou chaque enfant de 14 ans ou plus) ajoute une demi-unité, et chaque enfant de moins de 14 ans ajoute 0,3 unité.
Quel est le niveau de vie médian en France en 2024 ?
En 2024, selon l'Insee, le niveau de vie annuel médian des personnes vivant dans un logement ordinaire en France métropolitaine est de 26 740 euros par unité de consommation, soit un revenu disponible de 2 228 euros mensuels pour une personne seule.
Le niveau de vie médian est-il le même que le revenu disponible des ménages ?
Non. Le revenu disponible des ménages mesure l'ensemble des ressources d'un foyer après impôts directs. Le niveau de vie médian rapporte ce revenu disponible au nombre d'unités de consommation du ménage, puis retient la valeur qui partage la population en deux parts égales, ce qui permet de comparer des ménages de tailles différentes.
Pourquoi le niveau de vie médian a-t-il augmenté entre 2023 et 2024 ?
Le niveau de vie médian progresse de 1,8 % en euros constants entre 2023 et 2024, selon l'Insee, alors que l'inflation reflue nettement. Cette hausse est soutenue par la revalorisation des retraites, des salaires supérieurs à l'inflation, des taux de rendement élevés des placements financiers et, pour les ménages modestes, la revalorisation des prestations sociales.
Quel est le lien entre le niveau de vie médian et le seuil de pauvreté ?
Le seuil de pauvreté monétaire est conventionnellement fixé à 60 % du niveau de vie médian. En 2024, ce seuil s'établit à 1 337 euros par mois pour une personne seule, selon l'Insee, et 9,8 millions de personnes vivent sous ce seuil, soit un taux de pauvreté de 15,4 %.
Le niveau de vie médian résume en un chiffre une réalité beaucoup plus large : des revenus très différents selon la taille du ménage, des évolutions qui ne touchent pas tout le monde au même rythme, et une méthode de calcul qui mérite d'être comprise avant d'être citée. C'est à ce prix qu'il devient un repère utile plutôt qu'un simple chiffre jeté dans une discussion.
Sources
- Insee, « Niveau de vie et pauvreté en 2024 », Insee Première n° 2117, 9 juillet 2026
- Insee, « Niveau de vie et pauvreté en 2023 », Insee Première n° 2063
- Insee, Seuils de pauvreté mensuels, données annuelles 1975 à 2024
- Insee, Niveau de vie selon le sexe
- Insee, Niveau de vie et revenu disponible, séries longues 1996-2023
- Insee, Informations rapides n° 212, comptes nationaux trimestriels, 28 août 2026
- Insee, Informations rapides n° 218, prix à la consommation, 15 septembre 2026
Tous les chiffres clés de l'économie française sont réunis sur la page d'accueil.

Gaspard Mérindol, rédacteur en chef. Journaliste économique, il explique l'économie française avec les chiffres officiels : dette, emploi, salaires, prix. Chaque donnée est datée et sourcée.


